Le Brésil, c’est bien, connu, c’est le football, la plage, la chirurgie esthétique, et la samba. Ayant décidé de ne pas aborder le sujet de la chirurgie esthétique, et ayant déjà abordé les sujets de la plage (oui, j’y vais tous les jours, l’eau est bonne, et c’est magnifique, vous devriez être dégoutés), et du football (oui, les brésiliens perdent toujours contre les français), il me reste donc celui de la samba.

Orchestre de la Mangueira

En arrivant ici, j’avais été surpris de ce qu’ils appelaient la samba : pour moi la samba, c’était les grosses caisses, le carnaval. Et dans les clubs de samba, rien à voir, la samba était de la musique presque calme, pas très éloignée de la bossa nova. J’étais pas loin de penser à une vaste opération d’intoxication sur ce qu’était la samba (un peu du même genre que celle montée par l’office de tourisme de Rio, qui vise à faire croire que toutes les brésiliennes ressemblent à Giselle Bundchen).

Heureusement, j’ai pu assister à une répétition d’une école de samba, la Mangueira, qui est apparemment la plus vieille école de samba, et aussi la plus titrée : elle a gagné le carnaval de l’année dernière. En fait, dans le monde de la samba, c’est un peu comme au football, il y a des divisions, et les écoles de la première division sont les meilleures. Elles défilent au sambodrome à Rio, pendant le carnaval, et leur défilé est noté par des juges, selon la chanson sur laquelle elles défilent, la coordination des danseurs, les costumes, la reine de l’école,…

Donc nous sommes allés à la Mangueira, dans la Zona Norte. C’est le moment de faire un petit point de géographie, je pense : Rio est divisé en plusieurs zones, dont les plus fameuses, la Zona Norte, et la Zona Sul. La Zona Sul, c’est la zone pour les touristes, les plages. La Zona Norte, c’est la zone que les touristes ne doivent pas fréquenter, d’abord parce qu’il n’y a pas de plage, ensuite parce qu’il n’y a pas grand-chose à voir, enfin, du point de vue touristique, et puis enfin parce que les pires rumeurs courent sur les dangers de la Zona Norte. N’y étant allé que en taxi, je ne peux pas confirmer que c’est dangereux.

Tout ça pour dire que les écoles de samba se trouvent toutes, il me semble, dans des quartiers ou le niveau de vie est très bas. Enfin, nous sommes donc allés à la Mangueira, qui se trouve en bas d’une favela. Là bas, plein plein de gens dans une grande salle, qui entourent une piste centrale. Et deux balcons, un avec un grand orchestre, et un petit balcon, avec un chanteur. En dehors du carnaval, les écoles de samba répètent, c'est-à-dire que l’orchestre teste des chansons, pour choisir laquelle sera jouée le jour du carnaval. Le choix se fait en fonction du nombre de gens qui dansent sur la piste et qui chantent. Je me suis permis de danser un peu la samba, enfin, la samba réinterprétée par moi-même. Au final, je ne sais pas quelle chanson était la meilleure, pour moi, c’étaient toutes les mêmes : au départ, un petit chant sur fond de guitare, et puis d’un coup, l’orchestre se lâche, et les tambours résonnent.

Une bonne soirée donc, et qui m’a permis de rencontrer le fils caché de Senna. En effet, c’est lui qui conduisait le taxi au retour, et qui a établi un nouveau record de vitesse sur le periph de Rio.